Manu Dibango Biographie: Au début des années 70 un morceau afro-saoul au beat imparable fait danser tous les Etats-Unis : Soul Makossa, le premier hit africain de tous les temps, composé par le musicien africain Manu Dibango, franchit l’Atlantique et continuera pour des décennies à représenter mondialement les racines africaines de la musique noire. On le sait Mickael Jackson s’en inspira pour un des hits de son album Thriller, et plus récemment la campagne présidentielle américaine a été l’occasion pour Joshua P. Thompson de faire de ce tube africain un hymne de soutien au futur président Barak Obama. Rien ne prédestine Emmanuel N'Djoké Dibango, fils de fonctionnaire camerounais, à devenir le chantre internationale de la musique moderne africaine, sinon peut-être le fait que sa mère s’occupe de la chorale protestante de Douala. C’est en France où son père l’envoie en 1949 pour poursuivre sa scolarité au lycée que Manu Dibango s’initie à la mandoline puis au piano. Sa découverte du jazz puis son apprentissage de ce qui deviendra son instrument de prédilection, le saxophone, le conduisent à obtenir ses premiers cachets en tant que musicien avant de se présenter au baccalauréat. Sa rencontre avec un pionnier des rythmes africains modernes, le Congolais Joseph Kabasélé qui l’embauche pour tourner en Belgique dans son band l’African jazz, entérine son engagement musical. Le contexte politique des indépendances africaines favorise l’effervescence culturelle et l’émergence de la musique africaine sur la scène internationale. Pour son premier disque African soul, Manu Dibango pose les bases de ce qui va être son credo musical : le cross over entre le jazz, la musique africaine et les rythmes latino comme la rumba et la salsa. Entre tournée en France (où il joue notamment avec Nino Ferrer et Dick Rivers) et en Afrique où le succès est toujours au rendez-vous, que cela soit au Zaïre ou au Cameroun, le saxophoniste rode son style jusqu’à la composition en 1972 à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations de son hit Soul Makossa qui lui ouvre les portes du Madison Square Garden de New-York. Depuis Manu Dibango, qui se définit comme un Européen Africain, outre ses compositions musicales pour le cinéma africain, égrène les albums éclectiques qui sont autant de ponts jetés vers les courants musicaux aujourd’hui regroupés sous la mention world : le très reggae Gone clear (1979), des Mélodies africaines (1983), le jazz toujours avec Afrijazzy (1986), ou encore la salsa cubaine avec Cubafrica (1998). Citons enfin Wakafrika en 1994 qui rassemble tous les grands de la musique africaine, de Youssou n’Dour à Salif Keïta en passant par Angélique Kidjo, Papa Wemba et Geoffrey Oryéma.
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