L'opposition malgache réclame l'arrestation du président
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L'opposition malgache réclame l'arrestation du président


"Impatient" de prendre le pouvoir, le chef de file de l'opposition malgache, Andry Rajoelina, a demandé à la police et à l'armée d'arrêter le président Marc Ravalomanana. Lire la suite l'article

"Je demande à l'armée et à la police, et à tous ceux qui le peuvent, de mettre en oeuvre l'injonction du ministre de la Justice, parce qu'Andry Rajoelina est impatient de prendre ses fonctions", a-t-il dit en parlant de lui à la troisième personne devant ses partisans rassemblés, mais en moins grand nombre qu'auparavant, dans la capitale Antananarivo.

Christine Razanamahasoa, nommée "ministre de la Justice" dans le gouvernement parallèle mis sur pied par l'opposition, avait annoncé un peu plus tôt devant le même rassemblement qu'elle ordonnait aux procureurs d'arrêter le chef de l'Etat.

Ni l'armée ni la police n'ont semblé vouloir mettre dans l'immédiat cet appel à exécution. Le chef des mutins, le colonel André Ndriarijaona, a fait savoir que de telles arrestations étaient du ressort de la gendarmerie, qui a refusé d'agir sans mandat.

Auparavant, l'ex-maire de la capitale, démis de ses fonctions par son rival, avait rejeté la proposition du président d'organiser un référendum pour sortir le pays de la crise, qui a fait au moins 135 morts depuis le début de l'année.

"Le référendum est d'ores et déjà fait. La population s'est déjà exprimée. Il n'y a pas lieu d'organiser un référendum", a déclaré Rajoelina à la télévision nationale. "La démission de Ravalomanana, voilà la solution!", a-t-il ajouté.

Dans la matinée, trois obus sont tombés à proximité du palais présidentiel. Selon un colonel de garde présidentielle, ces tirs étaient destinés à intimider Ravalomanana et ceux qui le soutiennent.

Des centaines de partisans du président entourent le palais, un imposant bâtiment de style colonial, et affichent leur détermination à s'opposer à tout assaut.

TGV

Rajoelina, surnommé TGV pour son tempérament de fonceur, qualifie Ravalomanana d'autocrate dirigeant le pays comme une entreprise privée, tandis que ce dernier accuse son rival d'être un fauteur de troubles voulant s'emparer du pouvoir illégalement.

L'opposition a pris samedi possession de la Primature, les bureaux du Premier ministre, déclarant qu'elle assumait le pouvoir et promettant des élections d'ici deux ans.

Une mutinerie a éclaté il y a une semaine dans une importante caserne des environs d'Antananarivo, le Capsat, où des mutins ont réclamé le départ de l'actuel président tout en excluant la formation d'une junte militaire.

Lors d'une réunion d'urgence consacrée à la situation à Madagascar, l'Union africaine a condamné lundi une "tentative de coup d'Etat". De leur côté, les Nations unies ont dépêché Tiébilé Dramé, ancien ministre malien des Affaires étrangères, pour jouer un rôle de médiation.

Dramé a appelé lundi de ses voeux la constitution d'un gouvernement d'union nationale. "A l'issue de cette crise, Madagascar aura besoin d'un gouvernement de consensus qui devra aller au-delà de Ravalomanana et de Rajoelina", a-t-il dit à Reuters. "Madagascar doit tourner le dos au cycle de violence. La seule voie possible pour trouver une solution est celle du dialogue et de la démocratie".

Les troubles de ces derniers mois risquent de porter un coup très grave au secteur-clé du tourisme, qui rapporte 390 millions de dollars de devises par an, et de faire fuir les investisseurs étrangers présents notamment dans la prospection pétrolière et minière.

L'"Ile rouge" est, malgré ses immenses richesses agricoles et minières, l'un des pays les plus pauvres de l'Afrique où une bonne partie de la population vit sans électricité ou eau potable, avec moins de deux dollars par jour et par habitant.




Article du 17-03-2009 - Rédigé par Richard Lough
 
 
 
 
 

Madagascar: Andry Rajoelina rejette le référendum promis par le président Ravalomanana et réclame son arrestation


Le chef de l'opposition malgache Andry Rajoelina a écarté lundi l'idée d'un référendum, promis la veille par le président Marc Ravalomanana pour résoudre la crise politique dans l'île, et a demandé à l'armée d'arrêter le chef de l'Etat. Lire la suite l'article

"Pour nous, le référendum est déjà fait, il n'a plus lieu d'être. Le peuple s'est déjà exprimé. Son avis est unique : Monsieur Ravalomanana doit démissionner. Il n'a plus aucun pouvoir", a déclaré M. Rajoelina sur les ondes de la radio nationale. "Le plus pressé, maintenant, c'est de mettre en place le gouvernement de transition et d'organiser des élections présidentielles libres et transparentes dans les meilleurs délais".

L'armée n'a pas réagi dans l'immédiat. Certains militaires ont affirmé ces derniers jours qu'ils n'accepteraient plus d'ordres du président, mais ils ont refusé de soutenir explicitement Andry Rajoelina.

Lors d'une manifestation organisée lundi sur la place du 13-Mai à Antananarivo, un collaborateur d'Andry Rajoelina, désigné par le leader de l'opposition comme le ministre de la Justice du gouvernement parallèle, a affirmé que Marc Ravalomanana devrait être arrêté. "Ordre est donné à tous les procureurs de la République de procéder à l'arrestation de M. Ravalomanana", a-t-il lancé.

A la suite de cet appel, le chef de l'opposition âgé de 34 ans a déclaré: "Je demande à l'armée et à la police qui le peuvent d'exécuter cet ordre du ministre de la Justice, parce que Andry Rajoelina est pressé de rejoindre son bureau".

Marc Ravalomanana, accusé par l'opposition de gaspiller les fonds publics et porter atteinte à la démocratie, a de son côté une nouvelle fois exclu lundi de démissionner.

"Je ne démissionnerai jamais", a souligné le président malgache à l'issue du Conseil des ministres. "C'est le peuple qui doit dire si je dois rester ou pas. C'est la question que nous leur poserons au cours du référendum: acceptez-vous que le président de la République poursuive et termine son mandat jusqu'au bout tel que prévu par la Constitution? Pour en finir avec ces gens qui disent que le départ du président de la République est la seule solution, je leur réponds que le départ doit être démocratique, que c'est le peuple qui doit décider".

Marc Ravalomanana a affirmé qu'une "commission électorale indépendante serait "mise en place pour organiser ce référendum". "Ce n'est pas une personne dans la rue ou sur la Place qui va m'obliger à démissionner", a-t-il ajouté. "J'espère que nous allons tous accepter les résultats de cette consultation populaire".

L'ambassadeur de Madagascar auprès de l'Union africaine, Jean-Pierre Rakotoarivony, a pour sa part déclaré que l'initiative d'Andry Rajoelina relevait d'une tentative de coup d'Etat et que le chef de l'opposition pourrait faire l'objet d'un procès. S'il était reconnu coupable, il ne serait pas autorisé à se présenter comme candidat à la présidentielle à la suite du référendum sur l'avenir de l'île, a-t-il expliqué devant des journalistes, précisant que la consultation proposée par Marc Ravalomanana aurait lieu dans les trois mois.

Au cours du week-end, Andry Rajoelina, qui s'est autoproclamé président, a nommé un "gouvernement de transition" en promettant une nouvelle présidentielle d'ici deux ans. Il a demandé à son adversaire de quitter le pouvoir.

Mais ce dernier a exclu de démissionner, promettant à la place l'organisation d'un référendum pour sortir de la crise, sans donner aucune date. Le président de 49 ans apparaît de plus en plus isolé, ayant semble-t-il perdu le soutien d'une grande partie de l'armée qui lui reproche d'avoir ordonné aux soldats de tirer sur des manifestants.

L'armée a fait savoir dimanche qu'elle souhaitait rester en dehors de la crise politique et que sa première priorité était de rétablir l'ordre, selon un de ses porte-parole. Mais le nouveau chef autoproclamé des forces armées est considéré comme un pro-Rajoelina.




Article du 17-03-2009 - Rédigé par Madada
 
 

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